Le Journal de Jane

Benjamin annonce (toujours dans Critique et utopie) que le livre tel que nous l’avons connu depuis l’apparition de l’imprimerie, le livre comme « bien du peuple », touche à sa fin. Benjamin décrit la mutation qui commence à ses yeux avec l’invasion des « réclames » dans l’espace urbain. Il évoque Mallarmé et les dadaïstes, qui avaient su intégrer la secousse graphique déclenchée par le développement de la publicité. L’écriture sort du livre où elle avait trouvé refuge depuis la renaissance et où elle menait, écrit Benjamin, « une existence autonome ». « Trainée inexorablement dans les rues » où elle s’affiche à la verticale sur les enseignes, l’écriture est dorénavant « soumise aux brutales hétéronomies du chaos économique ». La fin du livre, c’est en fait la fin d’une certaine attitude de recueillement indissociable de la lecture. Car « avant que le contemporain n’en vienne à ouvrir un livre, s’est abattu sur ses yeux un tourbillon si dense de…

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