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Alhemia

J’ai toujours aimé les groseilles

le creux du coude avec son rouge baiser

-elle se marie

c’est moi
avalant
devant la nef
les sombres sanguinaires cassis
je suis jeune et noire
et m’affale
à quatre heure
dans la courbe des mousses
la roue au clair
cliquetant  dans l’air illuminé des blés
illuminant
les calices d’un beau soleil d’août

aux jardins
il y aura des taches sur les habits
qui ne pourront plus resservir
les mères s’agaceront
j’ai toujours aimé les groseilles

aux poches gonflées par
les baies de la jeunesse
en creux
tenue par mes poignets
en creux
les quartz sang dans le fond
à faire cligner les yeux
de la fidélité

aux confitures
pour les petits
aux sirops épais
pour les petits
qui reviennent
les pieds nus et humides
après le bain dans la rivière

sans cesse ils se rapprochent
sans cesse ils trempent l’index
et signalent au grand…

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