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A propos d’un cours de Vladimir Jankélévitch à la Sorbonne en 1960.

Gabriel Arnou-Laujeac

Ce cours sur l’Immédiat peut s’entendre comme un commentaire de Platon qui fut, comme Socrate, un grand critique de ceux qui pensaient qu’on pouvait atteindre l’Un, le Bien, le Beau, sans intermédiaire : une juste adresse aux modernes – « improvisateurs », « clowns, acrobates » et autres « charlatans » qui « brûlent les étapes » et qui, « faisant l’ange font la bête » et « se brûlent les ailes » comme Icare -, auxquels Vladimir Jankélévitch fait référence en particulier les vingt premières minutes.

C’est intéressant de noter, même si tel n’est pas l’objet du cours (et si Jankélévitch aborde la question des modernes en partie sous d’autres angles qui ne concernent pas ce qui suit), que ce sophisme post-moderne est également à l’œuvre dans le Vedânta indien de nos jours, à travers le « Néo-advaita » né à la fin du XIXè siècle (sensiblement développé dans la seconde moitié du XXème siècle) qui, contrairement au Vedânta orthodoxe des Upanishads (entre 800 et 500 av. JC) et du grand commentateur Shankara (788-820), et parce qu’il opère une confusion entre les deux plans principaux du réel définis par le Vedânta – le plan absolu et le plan relatif – nie toute réalité provisoire au plan relatif (et à ses lois inhérentes). Les tenants du Néo-advaita, s’ils se recommandent en apparence tous de l’Advaita intemporel et se réfèrent à Shankara pour se donner des airs d’authenticité, dispensent un enseignement sophiste et faussement libérateur qui, sauf cas exceptionnel, ne mène nulle part, ignorant les étapes intermédiaires nécessaires à la quête de l’élève avant d’atteindre le sommet métaphysique et non duel de l’enseignement : simple bavardage à la mode par des « maîtres » bien souvent ignorants des profondeurs de la tradition dont ils se recommandent ou dont ils s’auto-proclament héritiers, en mal de reconnaissance, de pouvoir temporel et, donc, de « disciples »…

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