Aquarium vert

Dans le petit parc délaissé par l’été, nous nous taisons tous deux, moi et le soleil couchant. En vérité, notre silence sur le siège bancal vient à peine de commencer, et déjà le soleil couchant va reprendre sa route.
– Reste encore, ami, pourquoi cette hâte ? Préfères-tu donc sombrer dans la mer ? Les requins y déchireront ta chair, et sur ton squelette doré des coraux bâtiront une métropole.
Mes dents pénètrent dans sa chair cosmique. Je veux le retenir. Que notre silence achève au moins son premier chapitre. Loin de le retenir, de l’empêcher de se noyer dans la mer, je me tranche la langue, et me taire devient plus difficile.
Des étincelles pleuvent des amandiers. Un oiseau couronné de deuil, aux sombres plumes ocellées, revient d’un enterrement. Et me voici de nouveau deux : à la place du soleil couchant, une femme surgie de l’allée pourpre s’installe…

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