L'oreille hantée

Les premières plaintes concernant le déclin du goût musical sont à peine postérieures à la double expérience qu’a faite l’humanité au seuil de son histoire, l’expérience qui lui a permis de réaliser que si la pulsion se manifeste immédiatement dans la musique, elle y trouve aussi une forme d’apaisement. Elle réveille la danse des ménades, elle sort de la flûte enchanteresse de Pan mais tout aussi bien de la lyre d’Orphée autour de laquelle se rassemblent, apaisées, les figures du désir. C’est toujours quand la paix semble troublée par les mouvements des bacchantes qu’il est question du déclin du goût. Mais si, dès la noétique grecque, la fonction disciplinante de la musique a été perçue comme un grand bien, on se presse certainement bien plus pour obéir aujourd’hui qu’à l’époque, en musique comme ailleurs. On ne peut pas vraiment dire de l’actuelle conscience musicale des masses qu’elle est dionysiaque ni…

View original post 545 mots de plus

Publicités