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Élodie Ripoll

Si l’histoire des couleurs est longtemps restée un sujet marginal, l’étude des couleurs en littérature l’est encore. Rares sont les travaux qui s’y sont attelés, et toujours à l’échelle d’un roman ou de quelques poèmes. L’œuvre monumentale de Proust, dont les liens à l’art en général, et à la peinture en particulier ont été tant explorés, n’a été que rarement envisagée sous cet angle1.Le présent ouvrage, sobrement intitulé Proust en couleur se trouve face à un défi multiple : embrasser la Recherche dans son intégralité, la critique proustienne et la recherche sur les couleurs. Le tout en moins de 300 pages. Tâche extrêmement ardue, dont témoigne la grande prudence méthodologique annoncée dès les premières pages.

2Pourquoi analyser les couleurs chez Proust ? Tout simplement car la couleur est « l’un des moyens d’accès privilégié à l’univers stylistique de la Recherche » (p. 16), élément central de la réflexion esthétique du narrateur, tant personnelle que picturale et musicale, elle est au cœur de sa prose synesthésique. L’auteur se propose donc de « déchiffrer la cathédrale chromatique » de Proust à l’aide notamment de la philosophie de Merleau-Ponty dont l’approche phénoménologique permet de mieux comprendre les enjeux de la perception proustienne (p. 19). Par analogie avec la palette des peintres, Davide Vago parle de chromatisme chez Proust faisant ainsi de la couleur une marque caractéristique de son style envisagée dans sa globalité et non dans ses occurrences particulières.

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