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Ollivier Pourriol, ancien animateur du Grand Journal, a récemment levé le voile sur les coulisses de la célèbre émission de Canal+ : « une machine à laver les cerveaux ». On aurait tort de s’en étonner : le fard n’enlève rien à l’odeur des ordures. « On ne parle pas de poètes morts », avait décrété son rédacteur en chef – les caméras exigent leur lot de chair sonnante et trébuchante. Pier Paolo Pasolini déclara en 1970 : « Je ne peux plus fixer mon regard, plus de quelques instants, sur un écran de télévision. C’est physique, ça me donne la nausée ». L’homme était poète. L’homme est mort. Deux raisons pour parler de lui.

Avril 1945. Le sort ne chérit pas toujours l’ironie : Benito Mussolini tira sa révérence à un croc de boucher – quoi de plus sensé pour tout le sang qu’il fit couler ? Quelques mois plus tôt, le frère de Pasolini, résistant antifasciste, tombait sous le feu dans la région du Frioul. Sa mort ébranla le jeune Pier Paolo, de trois années son aîné, qui, les larmes séchées, devint secrétaire de la section communiste de San Giovanni de Casarsa, petit village du nord-est de l’Italie. « C’est son souvenir, celui de sa générosité, de sa passion qui m’oblige à suivre la route que je suis », confia-t-il longtemps plus tard (cité par R. de Ceccatty dans la biographie Pasolini).

 

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