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 Quand fin 2010, Gary Pollard demanda à Béla Tarr s’il se considérait comme un optimiste ou un pessimiste, le réalisateur hongrois répondit qu’il avait encore en lui un peu d’optimisme, puisqu’il croyait toujours en la possibilité de communiquer avec un public. Ainsi déclara-t-il : « Si vous êtes pessimiste, vous ne faîtes rien, vous ne souhaitez pas communiquer avec les gens. » [1] Quelques mois plus tard, en février 2011, Béla Tarr présenta en avant-première mondiale Le Cheval de Turin (A Torinói ló) en précisant que ce serait son ultime film. Faut-il considérer cela comme la victoire définitive du désenchantement et du pessimisme ?

Réalisés au début de 2014 par téléphone et messages électroniques, les entretiens ici réunis avec Béla Tarr, le chef opérateur Fred Kelemen et le compositeur Mihály Víg trouvent leur origine dans la phrase que Tarr n’a cessée de répéter en conférence de presse depuis trois ans maintenant : « Le Cheval de Turin est mon dernier film en tant que réalisateur ».

Néanmoins, plutôt que de considérer ce film comme le testament spirituel d’un artiste « fini », je préfère l’envisager comme un nouveau point de départ. De fait, Béla Tarr est encore bien vivant et, au seuil de son soixantième anniversaire, il travaille plus que jamais à la Film Factory de l’Ecole de Cinéma de Sarajevo, un laboratoire pour jeunes cinéastes qu’il a fondé en 2012. Son but est de « former des cinéastes mûrs qui pensent de manière responsable, dans un esprit humaniste, des artistes qui ont un point de vue personnel, une manière propre de s’exprimer, et qui utilisent leur puissance créatrice pour défendre la dignité de l’homme face à la réalité qui l’entoure. » [2]

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