Terrorisme et Mass Médias

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par Pierre Mannoni

Les journalistes sont censés être les greffiers des événements. Ils dressent, par profession, les procès-verbaux des faits sociaux ou politiques dont ils sont les témoins privilégiés. Les échos qu’ils en donnent à travers leurs publications divulguent l’événement en question et le font, pour ainsi dire, exister sur la scène sociale. Le service rendu par cette diffusion est de porter à la connaissance de tous les membres d’une société, d’une nation et parfois du monde entier, ce qu’il en est du fait concerné. Chacun peut ainsi être instruit de ce qui advient ici ou là et des éventuels enjeux que cela peut revêtir pour son existence personnelle, celle de son groupe ou celle de sa nation.

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Or, si sur un grand nombre de questions une telle « mise en échos » a bien la valeur informative attendue, certains sujets appellent un traitement médiatique particulier, leur nature ou leurs caractéristiques étant susceptibles d’influer gravement sur l’opinion publique et de provoquer des distorsions dans la représentation que celle-ci peut avoir de l’événement, allant, comme cela semble être le cas princeps du terrorisme, jusqu’à désorganiser tout ou partie du comportement collectif. Existe-t-il un rapport particulier terrorisme/médias tel que l’on puisse suspecter la mise en œuvre, à travers ce rapport, d’une procédure d’influence à type de manipulation ? C’est la question que nous allons nous efforcer d’examiner dans le présent chapitre, non sans avoir précisé au préalable que nous écartons volontairement de notre propos le cas du terrorisme étatique (d’en haut), les moyens de communication de masse étant muselés par une très forte censure, l’association par renforcement mutuel décrite ici n’existe pas. Nous faisons donc le choix de ne traiter que des rapports fonctionnels qui se développent entre les mouvements terroristes non-étatiques (d’en bas) et les organes de la presse dite libre.

Mannoni Pierre, Bonardi Christine, « Terrorisme et Mass Médias », Topique 2/ 2003 (N°83), p. 55-72
URL : www.cairn.info/revue-topique-2003-2-page-55.htm.
DOI : 10.3917/top.083.0055

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Walter Benjamin, Port-Bou point final

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par Serge Bonnery

En juin 1940, Walter Benjamin quitte Paris. Il prend la direction de Lourdes, en compagnie de sa sœur Dora. En août, il est à Marseille où il obtient son visa pour les Etats-Unis. Le 25 septembre, avec un groupe de réfugiés allemands, il arrive à Port-Vendres où il entre en contact avec la militante Lisa Fittko qui peut faire passer le groupe en Espagne. Ils arrivent à Port-Bou le 25 au soir. « Dans une situation sans issue, je n’ai d’autre choix que d’en finir », écrit-il à son amie Henny Gurland qui est du voyage. Face au refus des policiers espagnols de le laisser franchir la frontière, Walter Benjamin se suicide le 26 septembre en absorbant une forte dose de morphine. « C’est dans un petit village des Pyrénées où personne ne me connaît (que) ma vie va s’achever ».

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Introduction à la Grande Loi de la Paix ou Constitution de la Confédération Iroquoise (XIIème siècle) traduite intégralement par Résistance 71

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“En leur cœur même, les états européens et leur progéniture coloniale personnifient toujours les mêmes impulsions destructrices et irrespectueuses qu’il y a 500 ans… Au moment du premier contact avec les Européens, la très vaste majorité des sociétés natives américaines étaient parvenues à la véritable civilisation: Elles n’abusaient pas de la planète, elles promeuvaient la responsabilité commune, elles pratiquaient l’égalité des sexes dans les relations quotidiennes et elles respectaient la liberté individuelle.” …

“La tradition indigène du continent américain voit le gouvernement comme étant le pouvoir collectif des membres individuels de la nation, il n’y a pas de séparation entre la société et le pouvoir. Le leadership s’exerce en persuadant les individus d’immerger leur pouvoir auto-gestionnaire dans l’intérêt du bien commun. Par contraste, dans la tradition européenne, le pouvoir est abandonné aux représentants d’une majorité politique, dont les décisions sur ce qu’ils pensent être bon pour l’intérêt général sont ensuite…

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La Grande Loi de la Paix ou Constitution de la Confédération Iroquoise (XIIème siècle) ~ 1ère partie: Wampum 1-54 ~

Resistance71 Blog

La Constitution de la Confédération Iroquoise

Kaianerekowa (Gayanashagowa) ou la Grande Loi de la Paix

Traduction Résistance 71 

Introduction

1ère partie: wampum 1-54

 

  1. Je suis Decanavidah et je plante l’arbre de la Grande Paix avec les chefs de la confédération des cinq nations. Je le plante sur votre territoire, Adodaroh et la nation Onondaga, sur votre territoire, à vous les gardiens du feu.

J’appelle l’arbre le Grand Pin Blanc. A l’ombre de cet arbre de la Grande Paix, nous étalons le contenu blanc et douceureux de la fleur de chardon sur lequel vous pourrez vous assoir, Adodaroh et vos cousins chefs.
Nous vous plaçons sur ces séants, parsemés des graines blanches de la fleur du chardon, là, sous les rameaux grandissants de l’Arbre de la Paix. De là, assis, vous pourrez contempler le feu du conseil de la confédération des cinq nations où toutes les affaires des cinq nations…

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Béla Tarr / Fred Kelemen / Mihály Víg Sauver le trésor

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 Quand fin 2010, Gary Pollard demanda à Béla Tarr s’il se considérait comme un optimiste ou un pessimiste, le réalisateur hongrois répondit qu’il avait encore en lui un peu d’optimisme, puisqu’il croyait toujours en la possibilité de communiquer avec un public. Ainsi déclara-t-il : « Si vous êtes pessimiste, vous ne faîtes rien, vous ne souhaitez pas communiquer avec les gens. » [1] Quelques mois plus tard, en février 2011, Béla Tarr présenta en avant-première mondiale Le Cheval de Turin (A Torinói ló) en précisant que ce serait son ultime film. Faut-il considérer cela comme la victoire définitive du désenchantement et du pessimisme ?

Réalisés au début de 2014 par téléphone et messages électroniques, les entretiens ici réunis avec Béla Tarr, le chef opérateur Fred Kelemen et le compositeur Mihály Víg trouvent leur origine dans la phrase que Tarr n’a cessée de répéter en conférence de presse depuis trois ans maintenant : « Le Cheval de Turin est mon dernier film en tant que réalisateur ».

Néanmoins, plutôt que de considérer ce film comme le testament spirituel d’un artiste « fini », je préfère l’envisager comme un nouveau point de départ. De fait, Béla Tarr est encore bien vivant et, au seuil de son soixantième anniversaire, il travaille plus que jamais à la Film Factory de l’Ecole de Cinéma de Sarajevo, un laboratoire pour jeunes cinéastes qu’il a fondé en 2012. Son but est de « former des cinéastes mûrs qui pensent de manière responsable, dans un esprit humaniste, des artistes qui ont un point de vue personnel, une manière propre de s’exprimer, et qui utilisent leur puissance créatrice pour défendre la dignité de l’homme face à la réalité qui l’entoure. » [2]

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Pasolini et le fascisme de la consommation

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Ollivier Pourriol, ancien animateur du Grand Journal, a récemment levé le voile sur les coulisses de la célèbre émission de Canal+ : « une machine à laver les cerveaux ». On aurait tort de s’en étonner : le fard n’enlève rien à l’odeur des ordures. « On ne parle pas de poètes morts », avait décrété son rédacteur en chef – les caméras exigent leur lot de chair sonnante et trébuchante. Pier Paolo Pasolini déclara en 1970 : « Je ne peux plus fixer mon regard, plus de quelques instants, sur un écran de télévision. C’est physique, ça me donne la nausée ». L’homme était poète. L’homme est mort. Deux raisons pour parler de lui.

Avril 1945. Le sort ne chérit pas toujours l’ironie : Benito Mussolini tira sa révérence à un croc de boucher – quoi de plus sensé pour tout le sang qu’il fit couler ? Quelques mois plus tôt, le frère de Pasolini, résistant antifasciste, tombait sous le feu dans la région du Frioul. Sa mort ébranla le jeune Pier Paolo, de trois années son aîné, qui, les larmes séchées, devint secrétaire de la section communiste de San Giovanni de Casarsa, petit village du nord-est de l’Italie. « C’est son souvenir, celui de sa générosité, de sa passion qui m’oblige à suivre la route que je suis », confia-t-il longtemps plus tard (cité par R. de Ceccatty dans la biographie Pasolini).

 

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Pasolini, quelques heures avant sa mort

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Entretien original paru en 1975 dans le quotidien La Stampa puis en 2005,
sous le titre L’Ultima intervista di Pasolini (éditions Avagliano).
Les éditions Allia l’ont également publié, en français, en 2010 (sous le même titre).

Pasolini, dans tes articles et tes écrits, tu as donné de nombreuses versions de ce que tu détestes. Tu as engagé un combat solitaire contre un si grand nombre de choses, d’institutions, de convictions, de personnes, de pouvoirs. Pour ne pas compliquer ce que je veux dire, je parlerai de « la situation », et tu sais que j’entends par là la scène contre laquelle, de manière générale, tu te bats. Maintenant je te fais cette objection. La « situation », qui comprend tous les maux dont tu parles, contient aussi tout ce qui te permet d’être Pasolini. À savoir : tout ton mérite et ton talent. Mais les instruments ? Les instruments appartiennent à la « situation ». Édition, cinéma, organisation, jusqu’aux objets mêmes. Imaginons que tu possèdes un pouvoir magique. Tu fais un geste et tout disparaît. Tout ce que tu détestes. Et toi ? Est-ce que tu ne resterais pas seul et sans moyens ? Je veux dire sans moyens d’expression…

 

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Les Plateaux

Alhemia

Je n’ai plus d’yeux.

Ce trou dans mon tronc, c’est un vide.
Avant, dans les fissures du Sable d’Oran,
j’étais Crabe-Fard.
Avant, sur les plateaux de Fès,
la joie de mon damier filait
vers l’orée.
Redoute ton nom, ce discours solitaire.
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La tarentule incite

et trempe sa grille.

————————————
Ce fût la contraction de la surface des terres en Europe :
transe et épouvante sur les visages-mes caucasiennes-
splendeur des maillots à rayures parmi
les bétonneuses géantes, tudesques,
avaleuses d’étoiles.

« Tous les violons au diapason ! » hurlait le Grand Uhlan
en Pologne.
Sous le cristal de la Capitale,
dans le luxe des lustres de Mathaus,
dans l’enfer des souris pleinement ouvert :
on pouvait voir filer le violet des diables
en pleine rue, en plein champ, aussi, par évasion des têtes.

Nos os et nos œufs : en collier.
Les ogres noirs et leurs offices :
nos…

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Dans la « guerre », on demande aux enfants d’être au garde-à-vous

Quartiers libres

Le 7 janvier 2015, des hommes et des femmes ont été assassinés en France. Face à ces évènements d’une grande violence et d’une terrible absurdité, on a fait observer une minute de silence dans les établissements scolaires. Parce qu’ils vivent dans un monde brutal et injuste, on a ordonné aux enfants et aux adolescents, l’espace d’une minute, d’être tristes et de se taire.

Certains ont refusé le silence et la solennité qui étaient attendus d’eux, avec intelligence ou pas, par provocation ou pas, avec respect ou pas.

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Une large part de la société a alors crié au scandale et fustigé l’état dans lequel se trouvent ces enfants de la République, incapables de se tenir droits et de partager le chagrin national, c’est-à-dire incapables d’assumer, du haut de leur enfance ou de leur adolescence, les échecs de leurs ainés à construire un monde paisible.

Par une mécanique malheureusement très familière, cette…

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République : comme un soupçon de nettoyage

Métronomiques

(Glisser le pointeur sur l’image.)

Hier après-midi, des employés s’affairaient avec des balais à nettoyer le pourtour de la statue de la République, là où des pancartes, des panneaux, des banderoles, des dessins, des crayons de différentes tailles, des poèmes, des citations, des réflexions, des bouquets de fleurs, des bougies… ont été posés ou déposés par des anonymes après les trois tueries perpétrées lors des sombres jours récents.

Peut-être que dans quelque temps, il n’y paraîtra plus… et la sculpture et son socle de pierre blanche auront bientôt retrouvé leur pureté et leur propreté originelles.

Mais qui pourra nous enlever de la mémoire les moments de cruauté puis de grâce (comme ceux du dimanche 11 janvier) que nous avons ainsi vécus ?

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Nettoyage10_DH(Photos prises à Paris hier après-midi. Cliquer pour les agrandir.)

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« L’empire de la consommation » par Eduardo Galeano

LA VIDURE

par Eduardo Galeano *

L’explosion de la consommation dans le monde actuel fait plus de bruit que toutes les guerres et crée plus de tapage que tous les carnavals. Comme dit un vieux proverbe turc, « qui boit en compte, se soûle deux fois plus ». Les festivités assomment et assombrissent la vision ; cette grande ivresse universelle semble ne pas avoir de limites dans le temps et dans l’espace. Mais la culture de la consommation raisonne beaucoup, comme le tambour, parce qu’elle est vide ; et à l’heure de vérité, quand le fracas cesse, que la fête se termine, l’ivrogne se réveille, seul, accompagné par son ombre et la vaisselle cassée qu’il doit payer. Le développement de la demande heurte les frontières que lui impose le même système qui la génère. Le système a besoin de marchés de plus en plus ouverts et plus grands, comme les poumons ont besoin de…

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Sporophyte

Ma deuxième série en ligne.

FOVEA-ARTEFACT

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Le sporophyte est la génération du cycle de reproduction des plantes qui produit des spores, microspores et macrospores, qui sont disséminées ou non. Cette phase du cycle de développement fait suite à la fécondation et contient donc le double de chromosomes du gamétophyte. SourceWikipédia.

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© Coline Termash – Droits Réservés –

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La nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon

Dissidence Française

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Pour les Anciens, Homère était « le commencement, le milieu et la fin ». Une vision du monde et même une philosophie se déduisent implicitement de ses poèmes. Héraclite en a résumé le socle cosmique par une formulation bien à lui : « L’univers, le même pour tous les êtres, n’a été créé par aucun dieu ni par aucun homme ; mais il a toujours été, est et sera feu éternellement vivant… »

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Les notes de Malte Laurids Brigge

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clichy2Voilà, c’est donc ici que les gens viennent pour vivre ; je dirais plutôt que l’on se meurt ici. Je suis sorti. J’ai vu : des hôpitaux. J’ai vu un homme chanceler et tomber. Les gens se sont rassemblés autour de lui, ce qui m’évita la suite. J’ai vu une femme enceinte. Elle s’avança lourdement le long d’un mur haut, chaud, qu’elle tâtait parfois pour se persuader qu’il était encore là. Oui, il était encore là. Derrière ? Je consultai mon plan : maison d’accouchement. Bon. On va la délivrer, – on sait faire. Plus loin, rue Saint-Jacques, un grand bâtiment avec une coupole. Le plan indiquait : Val-de-Grâce, hôpital militaire. Je n’avais pas vraiment à le savoir, mais ce n’est pas grave. La ruelle commençait à sentir de tous côtés. Cela sentait, pour autant que l’on pût distinguer, l’iode, la graisse de pommes frites, l’angoisse. L’été, toutes les villes sentent. Puis j’ai vu une maison étrangement opaque ; elle ne se trouvait pas sur le plan, mais les lettres étaient encore visibles au-dessus de la porte : Asile de nuit. À côté de l’entrée, on avait inscrit les prix. Je les ai lus. Ce n’était pas cher.

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